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Molenbeek - Lunel : comparaison n'est pas raison

philippe moissonnier Par Le 29/03/2016

A LA RECHERCHE DES CENT QUARTIERS

Si l’affaire des sans dents a durablement laissé des traces, celle des cent quartiers est partie pour suivre le même chemin et ce, suite aux déclarations du ministre des sports Patrick Kanner de ce weekend Pascal au « Grand Rendez-vous » Europe 1-Le Monde-iTélé.

« Il y a en France une centaine de quartiers » qui présentent « des similitudes potentielles avec Molenbeek »

L’histoire nous dira s’il s’est fait sonner les cloches ou pas par ses patrons.

Toujours est-il que ces déclarations d’un ministre Français sur la ville Belge de Molenbeek outre le fait d’être peu flatteuses et culpabilisantes, relèvent de l’ingérence.

C’est le camembert qui dit au Herve célèbre fromage Belge tu pue.

A moins que de faire de Molenbeek « l’étalon or » du djihadisme ne serve à faire diversion et à nous exonérer de toute analyse objective et critique de notre propre action depuis ces trente dernières années.

Comparaison n’est pas Raison et si comparaison il doit y avoir c’est d’abord et avant tout entre les différents groupes de jeunes qui se sont radicalisés jusqu’à devenir des assassins ici et là-bas.

Quelles sont les raisons, les motivations et les processus qui les ont amenés à se radicaliser.

Y a-t-il « un modèle Français » de djihadiste ?

Ensuite bien sûr, mobiliser des sociologues, des urbanistes, des économistes, des pédagogues et autres, afin de faire une analyse globale de ces quartiers, de leur environnement, des politiques publiques locales mises en œuvre, des pratiques politiques développées par les différents partis et pourquoi pas, rêvons un peu, faire la critique du socialisme municipal.

En attendant les déclarations du ministre ont pour effet de remettre la tête sous l’eau à des villes et des quartiers qui n’en ont pas vraiment besoin, notamment celles qui ont d’ores et déjà entrepris leur travail de résilience et qui sont en droit d’attendre autre chose d’un ministre de la république.

Il ne s’agit pas de nier les faits ni de les réécrire puisque chacun les connait et que tous nous les avons nommés mais d’agir.

D’encourager à agir les maires qui aujourd’hui trainent encore les pieds.

Conseils citoyens et/ou prévention de la radicalisation tardent encore à se mettre en place.

Rappelons enfin que les contrats de ville étaient initialement prévu pour être effectivement opérationnels en 2015, ils devraient l’être en 2016.

Avec toutefois un certain nombre d’annexes et autres conventions additionnelles à venir

Un an, si ce n’est plus de perdu, il est plus que temps de passer à l’action.